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Tout comme le Dodo de l'île Maurice, cet oiseau endémique
a lui aussi disparu. Incapable de voler, plutôt grassouillet
et empoté, il a été exterminé par les hommes qui en appréciaient
la chair, visiblement plus tendre et plus goûteuse que celle
du Dodo.
Voici comment cet oiseau est décrit par François Leguat entre
1690 et 1698 :
"Ils ne volent point. Ils sont extraordinairement gras et
le goût en est excellent. On trouve des mâles qui pèsent jusqu'à
quarante-cinq livres. La femelle est d'une beauté admirable
; il y en a des blondes et des brunes. Sitôt qu'ils sont arrêtés,
ils jettent des larmes sans crier, et refusent opiniâtrement
toute sorte de nourriture, jusqu'à ce qu'ils meurent."
Le nom de Solitaire vient du fait qu'il ne vivait visiblement
pas en colonie.
L'existence de cet oiseau a souvent été mise en doute, car
seul Leguat et ses compagnons en parlent dans leur récit.
Mais en 1789, un Rodriguais découvrit des ossements dans une
caverne et en 1867 des fouilles mirent à jour de nombreux
autres ossements dans diverses cavités. Le Solitaire a donc
bien existé et Leguat n'a pas inventé cet oiseau.
Le nid des solitaires était constitué de feuilles de palmiers
entassées. La femelle pondait trois fois par an à raison d'un
seul œuf par ponte, un œuf beaucoup plus gros qu'un œuf d'oie,
couvé à tour de rôle avec le mâle.
Le mâle était d'un brun grisâtre, avec des pattes s'apparentant
à celles des dindes. Les ailes, très courtes, ne leur permettaient
pas de voler. L'os de l'aileron, très gros à l'extrémité,
formait sous les plumes une petite masse ronde comme une balle
de mousquet. Les ossements retrouvés ont en effet permis d'identifier
cette protubérance osseuse décrite par Leguat.
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Timbre de 1965
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